3e épisode : Thierry, mon nouvel ami
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Bijou était alezan crins lavés avec la crinière et la queue blanches qui ressortaient magnifiquement sur sa robe couleur noisette. Il la caressa longuement, pourtant je ne la trouvais pas plus belle que moi.Il a bien du mal à reconnaître la pauvre Mandy, hirsute, le poil hérissé, la crinière pleine de noeuds, elle avait bien triste mine.Nous étions dix du même âge à monter dans la camionnette du grand monsieur. Il était cette fois-ci avec un petit garçon. Celui-ci resta avec nous pendant tout le voyage.Je sentais bien qu'il voulais nous consoler, qu'il partageait notre peine. Une chose me fit vraiment plaisir, c'est qu'il ne me quitta pas. J'ai l'impression que, pour lui, j'étais la plus belle, la plus sympa. Ce fut le coup de foudre entre nous, je posais ma tête sur son épaule et lui son bras autour de mon cou. Il me parlait tout bas dans l'oreille.Il était question de galop, de dressage, il voulait que je l'emporte sur mon dos, très très vite, ma crinière et ses cheveux bouclés se mélangeraient dans le vent. J'allais donc rester à l'air libre avec lui ? Il sut nous parler dans notre langage, avec beaucoup de patience et de caresses. Thierry, c'était son nom, devint ce jour-là mon meilleur ami.Il ne me faisait pas peur avec sa taille. Je n'aime pas les hommes car il nous arrive des histoires, soit ils nous séparent, soit ils nous font des piqûres, nous attrapent pour nous forcer à avaler de la poudre. Il paraît que c'est pour notre bien... pour tuer les vers que nous avons dans l'estomac ou autres maladies. Moi, je n'y comprends rien à leurs histoires !Thierry, lui, est un enfant, quel mal pourrait-il nous faire ? Tout d'un coup, de grandes secousses, une bousculade, pire que dans le bateau, puis plus rien. Le moteur s'arrête, le grand monsieur nous ouvre grand les portes et, un peu abruties par notre long voyage, nous nous secouons bien fort, reprenons nos esprits et galopons dans l'espoir de retrouver notre liberté.
Peine perdue, des clôtures partout. Nous faisons rapidement le tour de l'herbage dans l'espoir de trouver un trou. Tout était bien barricadé, nous étions prisonnières. Il fallut bien se faire à cette idée ! Nous nous consolons mutuellement en nous disant qu'il valait mieux être ici que d'aller au fond d'une mine sombre comme nos ancêtres!