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Une nuit à la cabane

« Blandine, dépêche toi, va chercher ton sac de couchage, ce soir nous dormons à la cabane.—Oh oui! chic alors, on pourra dormir à côté des poneys. »

La journée se passe.

« Tu as la lampe Isabelle ? Il fait noir et je ne vois pas où je marche. —Oui, mais ce n'est pas la peine de l'allumer car je distingue la cabane. »

Finalement, j'allume la lampe, saute la barrière, monte la colline et atteins la cabane en ouvrant la porte.

« Tu me suis Blandine ? — Oui, oui. »

Nous entrons dans la cabane et nous glissons dans nos sacs de couchage.

Tout à coup, je sursaute :

« Oh ! quel est ce monstre ? regarde... »

Mais je m'aperçois que ce n'est que le grand chêne avec ses immenses bras que j'ai vus, déformé, par les trois grandes vitres qui m'entourent.

Calmée, j'essaye de dormir, mais d'étranges bruits m'en empêchent. Les gouttes de pluie laissées par la dernière averse se laissent glisser des feuilles avec des espaces irréguliers et tambourinent le toit de tôles.

Qu'est ce donc ce lugubre cri qui retentit au loin?

Ces fantômes dressés devant moi?

Ces craquements de pas?

Mais ce n'est : Que deux chouettes qui se répondent. Que les arbres que je domine du haut de la colline où se dresse la petite habitation. Que le poêle à bois qui a brûlé depuis le soir, et qui, maintenant, se refroidit et consume ses dernières bûches.

Je m'enfouis sous mes couvertures et parle pour dissiper mon affolement, malgré mes pensées réconfortantes : « Blandine, tu dors?—Non, et j'ai peur. »

M'apercevant qu'elle est dans le même état que moi, je lui demande :

« On rentre à la maison ? — D'accord. »

J'allume la lampe, nous enfilons nos vestes, et nous partons toutes tremblantes.

J'ouvre la porte et aussitôt un courant d'air s'engouffre dans la pièce.

Qu'il fait froid !

Puis nous marchons vers la maison. À peine arrivées, Blandine me dit : « Tu ne trouves pas que nous sommes un peu peureuses de rentrer ? —Oui, bien sûr, mais... —Dépêche toi, moi j'y retourne. »

Arrivées là bas nous nous recouchons et nous endormons.

Brusquement, quelque chose me touche. Mais qu'est ce donc? une branche? c'est impossible ! Blandine ? Elle dort sûrement !

« Ah ! j'ai trouvé ! j'ouvre un œil et aperçoit Pirouette qui me lèche.

Les rayons, encore craintifs, du soleil égayent la jolie petite cabane.

Je m'étire, éveille Blandine.

Elle saute hors de son lit, je la suis et nous sortons à toute vitesse, toujours suivies de pirouette, le chien. Nous prenons les brides, puis, tout en préparant les poneys Blandine me dit en riant :

« As tu passé une bonne nuit ? — Oui... »

Nous sautons sur nos poneys dont le poil lisse, rafraîchi par la rosée, nous procure un épais duvet et partons gaiement.

Arrivées au champ des poneys sauvages, les poches pleines d'avoines et de maïs, nous descendons et allons les apprivoiser.

Blandine me crie émerveillée : « Oh ! quel beau poney. —Oui, j'ai bien envie de l'apprivoiser, asseyons nous là et attendons qu'ils viennent. »

Nous nous installons par terre et présentons l'avoine aux poneys.

Un à un, ils s'approchent, goûtent à l'avoine et au maïs et, pour prouver qu'ils aiment beaucoup ça, ils secouent la tête.

Bientôt, nous sommes entourées d'une douzaine de poneys.

Mais attention !

Quels sont ces gourmands qui fouillent dans mes poches? et ceux qui se disputent pour en avoir plus?

« Allons, allons ! un peu de calme, vous en aurez tous! »

Mais, bien vite, la petite provision disparaît, nous caressons une dernière fois ces poneys si affectueux, même non dressés, et repartons contentes de nous pour revenir le lendemain matin et faire de même, c'est si amusant d'apprivoiser les poneys sauvages!

Isabelle 13 ans

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