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Concours de Paris

 

le départ de Yoyo, mon poney

 

« Thierry, où est Yoyo ? —Je ne sais pas, elle doit faire encore une de ses sottises ! —Oh ! mais je sais où la trouver! »

Je me dirige vers la provision d'avoine et, comme par enchantement, Yoyo est là ! C'est une jolie petite jument noire, très maligne et, surtout, gourmande!

« Alors coquine, que fais tu là ? Tu es toujours en train de dénicher les bons endroits, à ce que je vois! » lui dis je en lui donnant une tape affectueuse.
Je lui passe la bride et nous partons.

Pourquoi baisse t elle toujours la tête ? Je ne saurais vous le dire, c'est sans doute pour chercher quelque chose de bon!

Je descends de mon poney pour cueillir des fleurs. Mais, tout à coup: « Aïe, ma jambe ! » Je me retourne et vois Yoyo qui fouille dans mes poches. Nous finissons gaiement notre promenade et je remets Yoyo dans son pré.

Il fait noir et je dors presque. Poney et cavalier se souhaitent une bonne nuit et chacun part de son côté. Le lendemain, il fait beau, je sors et vais rejoindre mon poney. Mais que vois je? Je n'en crois pas mes yeux! Yoyo debout sur ses pattes de derrière et essayant d'attraper une pomme! Que ne fera t elle pas pour satisfaire sa gour¬mandise!

Tout à coup, ayant senti ma présence, elle fait un petit bond, se remet sur ses quatre jambes et part au grand galop en faisant des cabrioles pour que je l'admire.

Mais ce n'est pas fini, la petite jument vient réclamer sa récompense.

Elle s'approche de moi, baisse la tête et gratte le sol pour donner la patte.

Oh ! que c'est bon le maïs!

Elle en mange une poignée, et, contente de s'être rassasiée, elle repart en quête d'une bonne touffe d'herbe.

Quelques jours après, Inès m'appelle:

« Isabelle, veux tu prendre Yoyo ou un meilleur poney pour le concours national ? —Oh ! tu sais bien que j'aimerais mieux perdre que prendre un autre poney que Yoyo! »

Le jour de la course arrive.

Tous, nous sommes anxieux.

Qui va gagner ?

Sûrement Julie, mais qui va suivre, le deuxième ?

Mandy ? Primerose ? ou moi ? on ne sait jamais, Yoyo ne s'arrêtera peut être pas comme elle fait toujours.

Le moment si attendu arrive, le départ est donné. Nous filons; le vent siffle à mes oreilles, j'ai les yeux qui pleurent à cause de la vitesse. Yoyo se surpasse, elle ne s'est pas encore arrêtée.

Va t elle le faire ?

Je la talonne en pensant à ça. Elle accélère, double trois poneys et se retrouve derrière Julie, elle passe l'arrivée en deuxième.

Comme je suis heureuse! Les prix donnés, je lui dis: « J'ai eu raison d'avoir confiance en toi, je savais que tu comprendrais qu'il ne fallait pas me faire tomber, oh! comme ie t'aime. »

La rentrée des classes est proche; à l'école, j'attends patiemment le week-¬end pour revoir mon cher poney.

Samedi déjà!

Je rentre joyeuse à la maison, et vais dans le champ de Yoyo.

Mais quelle surprise en arrivant! Je vois un petit poulain à côté d'elle.

Je cours à elle et l'embrasse. La pouliche me regarde, je la baptise Sirène, elle a exactement la même tête que sa mère et le même air malin et intelligent. Elle la suit partout et l'imite tout le temps. Comme elle est belle!

En deux jours, elle est apprivoisée, quand elle court pour venir ici, sa crinière touffue se dresse sur son encolure.

Mais bientôt elle doit être séparée de sa mère.

Pour consoler Yoyo, je vais la voir à chaque fois que je rentre de classe.

Un jour, j'entre comme à l'habitude dans le pré, mais je reste interdite! Le champ est vide!

Je cours comme une folle, I'appelle, la cherche, elle n'est nulle part. Je vais voir papa.

« Où est Yoyo ? Tu l'as changée de pré ?—Non, je vais te raconter tout: « La semaine dernière, un homme est venu, il est antiquaire et a un pur sang arabe et de beaux meubles, il m'a donc demandé mes plus jolis poneys.

« Je lui ai fait visiter l'élevage et, aussitôt qu'il a vu Yoyo, pourtant mêlée à quarante autres juments, il s'est écrié: « Je veux celle ci !—Je ne peux pas vous la vendre, elle fait partie de la famille et je la prépare pour les concours, pourquoi prendre un si beau poney pour commencer un élevage ? —Mais monsieur, vous en avez tellement d'autres très belles pourquoi vous obstiner à la garder? »
« En passant devant les arbres coupés, je lui ai dit:

« Voyez ces bûcherons qui abattent ces arbres, j'ai réservé les plus beaux fûts qui oment la forêt et je fais de même pour les poneys! —Mais vous m'avez tout à l'heure parlé de sa fille, Sirène, qui lui ressemble, elle remplacera Yoyo. »

« En entendant cela, j'ai cédé.
« C'est bon, mais, en échange, comme je pense que vous avez une plus belle herbe que moi, je viendrai la chercher pour les concours. »

« Il a été tout à fait d'accord et s'est penché à l'oreille de Yoyo:

« Tu vas t'en aller d'ici, mais ne sois pas triste car tu ne travailleras plus, je

viendrai souvent te voir. »

« Et elle a répondu par un petit clin d'œil. Il a voulu l'emmener tout de suite chez lui. »

Oh! comme je suis triste!

Quelques larmes coulent alors sur ma joue, mais papa me console.

« Je te donne Sirène en échange, d'accord ? —Oh oui ! »

Mais je garde encore ce triste souvenir sur mon cœur, je l'aimais tant! La dernière fois, pour Vavite, il y avait le taureau, mais maintenant, il n'est plus là, quel dommage!

Mais j'espère la revoir un jour.

Isabelle 13 ans

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